jeudi 21 mai 2015

Justine nous propose de réfléchir sur nos principes directeurs, l’émerveillement et la négation

Hélène nous lit l’échange entre Justine et Franck :


Bonjour Franck,
Pour répondre à votre commentaire du 8 mai, sur ce que j'en pense ?
Concernant l'expression de Mme Obama (si je ne me trompe), effectivement cela rejoint bien ce que j'ai voulu dire, je trouve que la phrase est assez explicite, et je n'y vois rien d'autre à ajouter. C'est le genre de phrase qu'il faut toujours garder dans un coin de sa tête, pour éviter de se perdre dans les influences d'autrui. Ce qui n'empêche pas que l'on ait toujours besoin de l'avis des autres. C'est quelque part un drôle de paradoxe qui fait partie de notre nature humaine.
Mais si votre "qu'en pensez-vous ?" référait à l'ensemble de votre commentaire ...
Et bien je pense que vous avez eu une très bonne initiative avec ce forum, qui nous a permis d'apprendre quelques étonnantes vérités cachées à propos de la RIM. Et pour cela je vous en suis très reconnaissante. Je trouve votre volonté de faire évoluer notre société vers plus de liberté, plus d’humanité, plus de fraternité, plus de justice, plus d’écologie tout à fait admirable. J'ai juste quelques réserves par rapport à l'emploi du terme "émerveillement", parce qu'à mon sens le merveilleux renvoi à des formes de fantaisies qui éloignent de la vérité. Encore une fois cela n'engage que moi, c'est mon côté "terre à terre". Enfin par rapport à cette phrase en rouge qui vient gentiment taper sur les doigts pour rappeler la règle, j'ai un peu de mal à saisir ce refus de la négation? Sans doute parce que la psychologie, et beaucoup d'autres sciences ne sont pas de mon domaine. Mais il me semble qu'il ne peut exister de débats et de liberté d'expression sans oppositions et contradictions, et sans la possibilité d'émettre le doute. Je conçois la critique comme quelque chose de constructive plutôt que comme quelque chose de négative. Mais encore une fois, à chacun sa propre vision.
J'espère que vous ne m'en voudrez pas de m'être quelque peu étalée, mais comme vous m'avez posé cette vaste question de ce que je pensais ? Sans savoir exactement à propos de quoi ... Je me suis permise de répondre, et de m'éloigner quelque peu du sujet initial. Je ne pense pas avoir d'autres choses à ajouter ici, car je risque d'être un peu "borderline" par rapport au cadre que vous avez défini.
Encore merci et bien amicalement.
Justine

Réponses :
  • Franck 11 mai 2015 11:58
    Heureuse journée à vous Justine,
    Nous sommes sur la même longueur d’onde. Je vous suis profondément reconnaissant de nous avoir offert votre pensée.
    Le leitmotiv est bien de Michelle.
    Votre commentaire mérite une attentive imprégnation pour y répondre avec le soin qu’il mérite. C’est le vœu que je me forme.
    A très bientôt donc, comme je l’espère.
    Franck

  • Franck 21 mai 2015 10:39
    Bonjour Justine,

    Votre commentaire soulève des questions essentielles qui m'interpellent. C'est une des raisons pour lesquelles, j'ai pris un certain temps à m'en imprégner pour y répondre avec soin. Je suis en phase avec vous au sujet du premier point que vous abordez quant à l'utilité d'un leitmotiv pour garder, malgré les influences extérieures, un certain cap dans sa vie, avec toutefois certaines précautions. Car, à mon sens, si ce principe directeur n'est pas l'expression d'une réelle prise de conscience de soi, cela peut devenir une prison suggestive. Si au contraire, cette discipline choisie permet de se recentrer sur l'essentiel à chaque instant, je dis oui. Par exemple, goûter à son silence intérieur de façon régulière dans la journée est une pratique qui me satisfait bien, comme source d'inspiration. On rentre dedans avec une question et bien souvent on ressort de cette parenthèse avec la réponse.
    Par ailleurs, les sollicitations de notre entourage sont probablement essentielles à un chemin de vie harmonieux, si nous leur accordons une authentique présence. Carl Gustav Jung nous en rappelle l’importance par cette pensée « Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin. »

    Je comprends que le terme de fantaisie puisse créer chez vous une certaine réserve. Car quelques facettes de ce mot évoquent des actes irraisonnés et irrespectueux par déni d'empathie pour autrui. L'émerveillement est tout autre; comme celui de percevoir le miracle de la vie à en être submergé d'émotion. Cette expérience ouvre à la paix, à la joie, à l'humilité, au respect et à la gratitude; à l’excès peut-on verser dans la fascination, certes.

    Comme vous le soulignez, la négation est une faculté nécessaire à l'épanouissement de l'intelligence. Quelle valeur possède mon "oui" si je n'ai pas la liberté de répondre "non" ? La question centrale devient alors d'où fais-je émerger ma réponse ? Le danger de la négation advient lorsqu'elle est employée pour s'opposer sans conscience, pour maintenir une situation devenue inadéquate avec l’environnement. Lorsque nous n'acceptons pas de mourir pour renaitre, que nous nous arc-boutons sur le passé, sur l'illusion de ce que nous pensons être. Or notre nature intime n'est pas accessible à la pensée, cette trace figée dans la mémoire. Le mental est une infime partie de notre réalité. Lorsque nous percevons notre nature profonde, l'intellect abandonne sans effort la peur de la métamorphose perpétuelle.

    Par ailleurs, mon intuition m'incline à penser qu'il y a quelques perles à appréhender dans la négation; lorsque l'écueil de la tension qu'elle suppose est dissous par la compréhension.

    Je vous remercie à nouveau de m'avoir ouvert l'esprit par vos réflexions et serais heureux de connaître les domaines où vous aimez déployer vos connaissances et votre créativité.

    Bien amicalement.
    Franck

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